Publié le : 12 octobre 2017
Numéro d'article : 204037

Un colloque immobilier gagnant pour le courtage et le public

L’événement était unique, et le succès a été à sa mesure. Ce 5 octobre, au Centre Mont-Royal, à l’occasion du Colloque immobilier de l’OACIQ, près de 500 courtiers immobiliers et hypothécaires, de même que plusieurs autres professionnels des milieux juridiques et de l’inspection en bâtiment, ont pu échanger sur les enjeux actuels de l’industrie.

Au terme de cette journée fertile en échanges et marquée par le dépôt à l’Assemblée nationale du projet de Loi sur le courtage immobilier, les participants ont réellement contribué à l’avancement et à l’innovation du courtage immobilier et hypothécaire au Québec pour optimiser la protection du public. L’objectif de l’OACIQ est donc atteint.

Mot d'ouverture

La présidente et chef de la direction de l’OACIQ, Nadine Lindsay, a mis la table en décrivant la raison d’être de ce Colloque : « La raison est simple : l’un des éléments les plus importants et sensibles dans l’immobilier est la confiance, par le public, de pouvoir effectuer une transaction immobilière ou hypothécaire en toute quiétude et que, en cas de problème, il sera protégé par la Loi sur le courtage immobilier. »

Après avoir fait état des initiatives de l’OACIQ pour préserver cette confiance, elle a rappelé le rôle important des dirigeants d’agence, qui a d’ailleurs fait l’objet d’un atelier.

Voici quelques faits saillants des conférences et panels, suivis du discours de clôture du président du conseil d’administration de l’Organisme, Michel Léonard.

Perspectives des marchés immobiliers

Les participants ont appris que, contrairement à ce qui est souvent véhiculé, les perspectives économiques sont bonnes au Québec.

À l’aide de tableaux statistiques, Kevin Hughes, économiste régional, région du Québec à la SCHL, a ainsi démontré que le revenu disponible augmente et que la confiance des consommateurs est supérieure à la moyenne canadienne. Ses prévisions : le marché de la revente se resserrera et la demande pour les copropriétés restera forte.

Pour sa part, Mario Lefebvre, vice-président, recherche, marchés immobiliers mondiaux chez Ivanhoé Cambridge, a relaté qu’un des principaux enjeux à surveiller sera la trajectoire résidentielle des bébé-boumeurs, car accompagner cette clientèle sera particulier.

Atelier réservé aux dirigeants d’agence

Les dirigeants d’agence présents ont participé à un atelier pendant lequel le programme de conformité de l’OACIQ, en d’autres mots les attentes du régulateur, a été mis de l’avant. Des outils concrets ont également été présentés aux dirigeants d’agence pour en faciliter le respect.

Conférencier invité, Me Yves Tourangeau, associé chez Gilbert Simard Tremblay, a fait ressortir l’importance du rôle de dirigeant à titre de modèle responsable et compétent : « Les agences sont responsables des fautes que peuvent commettre leurs courtiers dans l’exercice de leurs fonctions, a-t-il rappelé. Leur responsabilité est solidaire avec celle des courtiers. »

Par ailleurs, comme l’a rappelé Karoline Khelfa, directrice aux Affaires contentieuses de l’OACIQ, la protection du public et le rehaussement de l’image du courtage immobilier passent par des dirigeants d’agence compétents. Ceux-ci doivent conseiller, encadrer et surveiller les courtiers agissant pour le compte de leur agence.

Pour ce faire, l’Organisme entend aider les dirigeants d‘agence par la mise en œuvre d’outils pratiques pour leur gestion, a souligné le vice-président du conseil d’administration, Georges Bardagi. Dans cette perspective, l’OACIQ mettra prochainement sur pied des groupes de consultation formés de dirigeants d’agence de toutes les régions du Québec et ira à leur rencontre, a annoncé Sofy Bourret, vice-présidente aux Communications de l’Organisme.

Panel sur l’évolution en copropriété

Un panel d’experts a permis aux participants de mieux connaître les enjeux liés à la gestion de copropriété, ainsi que les solutions possibles.

Me Yves Joli-Cœur, associé principal du cabinet De Grandpré Joli-Cœur, a souligné qu’une copropriété sur deux a un fonds de prévoyance insuffisant, ce qui entraîne le report de travaux et donc un déficit d’entretien. « On oublie que ceux qui siègent sur un conseil d’administration de copropriétés sont des consommateurs sans formation. Il faut mieux les valoriser et les encadrer », a-t-il estimé.

Tous les experts présents ont estimé que l’encadrement législatif actuel est inadéquat. Poursuivant dans le même sens que les autres membres du panel, soit Me Christine Gagnon (professeure associée à la Faculté de droit de l’Université de Montréal), Johanne Lamanque (vice-présidente, Québec, Bureau d’assurance du Canada) et Jean-Pierre Lannoy (expert judiciaire en copropriété et syndic provisoire et judiciaire, Bruxelles), Mme Lamanque a résumé ainsi : « Il faut obliger le syndicat des copropriétaires à être plus transparent, à tenir les infos à jour et à les rendre disponibles aux acheteurs. Et il faut conscientiser très tôt ces derniers dans le processus d’achat. »

S’adapter ou mourir

Pendant le lunch, parfois drôle, parfois émouvant, le conférencier et auteur Sylvain Guimond, fort de son expérience auprès d’athlètes de calibre international, a parfaitement illustré comment profiter de cette occasion pour s’améliorer.

Dans deux entreprises sur trois le changement désiré ne fonctionne pas, principalement à cause des réticences fort compréhensibles des employés, « car le changement, c’est comme un deuil », avec les étapes que cela suppose.

Pour qu’un changement fonctionne, il a rappelé à l’auditoire, de sa manière très imagée, qu’il faut notamment en expliquer le pourquoi (sa nécessité et sa finalité), consulter, faire un plan, bien le communiquer, le corriger périodiquement, en évaluer le succès... « Et surtout, il faut célébrer cette réussite! »

M. Guimond a ensuite insisté sur l’importance d’être un leader humain, car « ceux qui réussissent sont authentiques, généreux et ne craignent pas de se montrer vulnérables. Ils sont groundés, savent s’entourer, communiquer et sont reconnaissants ».

Panel sur l’avenir de l’inspection en bâtiment

Lors de ce panel, les participants ont pu en apprendre plus sur les correctifs souhaitables en regard du manque d’uniformité des normes d’inspection. Me Isabelle Viens, de la firme Viens & Viens, a relaté que les rapports d’inspecteurs en bâtiment ne sont pas des expertises légales, et que les tribunaux les jugent sévèrement. Inspecteur reconnu, M. Albert Arduini a convenu que des normes d’inspection uniformes permettraient de réduire le nombre de poursuites.

En réponse à une question de l’auditoire, Me Viens a estimé qu’une inspection prévente devrait être recommandée au vendeur par le courtier. Cela pourrait permettre entre autres d’éviter une offre à la baisse.

Panel sur les meilleures pratiques d’encadrement de l’immobilier au Canada

Ce panel a été l’occasion – rarissime – d’entendre comment le courtage immobilier et le courtage hypothécaire sont encadrés dans les autres provinces du pays. Les panélistes se sont entendus sur un constat : les attentes du public croissent partout, et il faudra adapter rapidement nos outils de régulation des activités des courtiers immobiliers.

Par exemple, il y aura de plus en plus de représentants du public dans les conseils d’administration des régulateurs et c’est une bonne chose, car la confiance du public fait foi de tout, a relaté Joseph Richer, registraire au Real Estate Council of Ontario. Or, « le meilleur moyen d’avoir la confiance du public est que vous, les courtiers, soyez dignes de confiance », a déclaré Micheal Noseworthy, surintendant de l’immobilier en Colombie-Britannique.

Pour sa part, Bob Mironyuk, directeur général du Real Estate Council of Alberta, a estimé que « nous, les régulateurs, devons être courageux en étant indépendants des professionnels que nous régulons, et plus transparents envers le public ».

Enfin, « il faut informer plus en amont les agences des règles à suivre, ainsi que mettre en place des outils plus légers et rapides pour régler rapidement les problématiques identifiées », a affirmé le directeur des affaires juridiques à l’Office de la protection du consommateur, André Allard.

Révision de la Loi sur le courtage immobilier

Le hasard ayant voulu que le ministre des Finances Carlos Leitão dépose son projet de Loi sur le courtage immobilier le jour du Colloque, les participants, nombreux et attentifs en cette fin d’après-midi, ont été aux premières loges pour en apprendre un peu plus.

Me Luc Pelletier, directeur, Affaires juridiques à l’OACIQ et Me Karoline Khelfa, directrice, Affaires contentieuses à l’OACIQ, ont fait état de leurs premières constatations : « Le gouvernement semble avoir voulu mieux outiller l’OACIQ pour encadrer les courtiers », a résumé Me Pelletier.

Les articles ayant fait l’objet de modifications mentionnés par les deux conférenciers sont nombreux. Citons la définition de l’acte de courtage, la composition du conseil d’administration, les amendes, la location, l’exercice illégal du courtage, le courtage hypothécaire, la notion de courtier débutant, de même que le rôle du gouvernement lié aux formulaires et aux contrats.

En conséquence, comme l’ont précisé Me Pelletier et Me Khelfa, l’OACIQ prendra le temps requis pour analyser le contenu du projet de loi, et fera connaître ses commentaires aussitôt que possible. Entretemps, l’OACIQ poursuit ses activités comme à l’habitude en continuant de mener à bien sa mission de protection du public.

Lire à ce sujet l’article Dépôt du projet de loi visant la Loi sur le courtage immobilier.

Le mot de la fin

Pour clôturer cette journée animée et riche en contenu, le président du conseil d’administration de l’OACIQ, Michel Léonard, a remercié les conférenciers et panélistes, et salué l’ouverture des participants : « Le Colloque aura été une occasion unique de discussion entre professionnels, dans un contexte où les changements relatifs au courtage immobilier sont appelés à se poursuivre, et même à s’intensifier. »

Il a appelé les participants à poursuivre sur cette lancée : « Continuons d’avancer dans la recherche de solutions gagnantes; continuons d’être exigeants envers nous-mêmes afin d’agir dans le meilleur intérêt du public. Et comptez sur l’OACIQ pour être le moteur de ces avancées! »

Une stratégie gagnante

La tenue du Colloque immobilier s’inscrit dans le cadre d’une démarche stratégique de l’organisation visant notamment à favoriser une culture de conformité chez les professionnels autorisés par l’OACIQ, et à assurer un encadrement renforcé du courtage immobilier et hypothécaire.

« Dans une industrie où les pratiques sont soumises à de nouveaux défis, et à l’occasion de la révision de la Loi sur le courtage immobilier, j’ai la ferme conviction que des initiatives comme ce colloque contribueront à nous permettre d’assumer encore mieux notre rôle de régulateur du courtage immobilier et hypothécaire au Québec », déclare le président du conseil d’administration, Michel Léonard.

Plus de détails sur les Orientations stratégiques 2017-2019 dans le site de l’Organisme à oaciq.com.